Moins de sangliers, la fin de l'euphorie ?
Il faut se rendre à l'évidence, cette année, les populations de sangliers sont en baisse ainsi que le démontrent les tableaux de chasse
Mais où sont donc passés les sangliers ? Dans certains secteurs du département, les chasseurs se posent la question au vu de tableaux de chasse moins opulents que la saison précédente.
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L'hiver 2008-2009 a fait souffrir
les populations de sangliers faute
de nourriture, ce qui a entraîné
des mouvements et des
décantonnements (photo Colette MANGIN)
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En revanche, dans d'autres endroits comme la forêt d'Othe, le « cochon » semble en bonne forme au point qu'on voit apparaître des dégâts dans des secteurs comme le sud du massif où il n'y en avait guère. Au point de faire des réattributions de bracelets et de mettre en place un prélèvement obligatoire de laies adultes. Dans d'autres secteurs comme le massif de Soulaines ou Bossican, le sanglier reste bien présent avec des tableaux identiques à la saison précédente.
Bref, pas de quoi s'inquiéter vraiment sur l'avenir du sanglier. Certains se féliciteront même de cette situation estimant que l'on revient à des populations plus « normales » et plus compatibles avec les capacités d'accueil du milieu forestier.
Si la baisse est évidente, il est plus délicat d'avancer des explications. « Dans le massif de l'Orient, les tableaux sont en baisse de 20 %, dans celui de Chaource de 30 %, il est évident que les populations sont moindres », constate Philippe Leclercq, technicien à la Fédération départementale des chasseurs. « On remarque des trous dans les tranches d'âge. Beaucoup de sangliers de 20 kg et des plus de 65 kg. Les tranches intermédiaires, notamment les 40 kg font défaut dans certains secteurs. C'est la conséquence d'un retour à une reproduction plus normale avec une seule portée plus tardive. »
Il est vrai que l'absence de glandée en 2008, suivie d'une vague de froid forte et longue n'a pas aidé les sangliers à passer l'hiver. Cette situation a sans doute mis un coup de frein à une reproduction jusqu'alors pléthorique.
De plus la « famine » qui a sévi dans la forêt a entraîné un comportement erratique du sanglier qui a causé des décantonnements. D'où la présence à
l'heure actuelle de sangliers dans des coins où ils étaient absents. D'où la décision de rouvrir la chasse du sanglier tous les jours, en battue, dans les zones hors plans de gestion.
Une nouvelle explosion en 2010 ?
Il convient effet de ne pas laisser s'implanter des sangliers n'importe où à cause des dégâts. Et du côté de la fédération, si on ne voit pas d'un mauvais œil le retour à plus de normalité, on s'inquiète pour l'avenir. Car la reproduction est repartie de plus belle avec une très bonne glandée en 2009 et des portées nombreuses en décembre.
« Si les chasseurs ne tirent pas assez de sangliers de 20 kg cette saison, gare aux populations la saison prochaine », avertit Philippe Hecht, directeur de la fédération, qui a toujours l'œil sur la courbe des dégâts. Non seulement en raison de leur coût, mais aussi en raison des réactions excédées du monde agricole. Et vu la conjoncture agricole, cela n'ira pas en s'arrangeant…
Mauvais plan
Pour ramener les populations de sangliers à de plus justes proportions, des prélèvements minimums obligatoires et notamment de grosses laies avaient été institués en 2008-2009 sur l'Orient et le massif de Rumilly-Chaource.
Visiblement, tout le monde n'a pas joué le jeu et une dizaine de manquements ont été dûment constatés et ce d'autant plus facilement qu'il s'agissait de territoires en plan de gestion. Au départ, il n'était question, quand la mesure a été instituée, que d'infliger des avertissements avant sanction en cas de récidive la saison suivante.
Toujours est-il que la machine administrative et judiciaire s'est emballée et que les responsables de chasse fautifs ont été condamnés à une amende.
Y compris un qui devait tuer 130 sangliers, qui en tue 160 et à qui il manquait… une laie adulte. Comme si la chasse du sanglier était une science exacte…
Auteur : Alain CADET
Source : L'Est Eclair.fr
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