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Le Pirsch, la nature, l'écologie…
La chasse silencieuse est une des plus belles disciplines dédiées à Saint Hubert.

C'est le seul mode de chasse (avec peut-être la chasse à la botte) qui ne tolère pas l'incompétence et la médiocrité.
Le pirscheur, le pur dans lequel brûle le " feu sacré " est avant tout un amoureux de la nature, un " coureur des bois " qui bien souvent préfère encore le temps brumeux et la fine pluie qui éloigne les indésirables profanateurs, aux trop belles soirées qui attirent dans nos forêts les basses-cours piaillantes des touristes à transistors.
Il aime la forêt pour elle-même, son calme, sa sérénité et sa vie intense, il aime les bruissements du soir, le chant des myriades d'oiseaux au couchant, le frôlement du vol de la bécasse à la croule ou de l'engoulevent devenu si rare, il aime le lever du soleil dans le brouillard matinal.
Tel un " sauvage ", le pirscheur passera inaperçu, tant sont silencieux ses déplacements, et nombreux ses arrêts, fondus dans l'environnement.

Pour lui la carabine est reléguée au rang de simple accessoire et ne servira en dernier ressort, après d'innombrables observations, qu'à mettre un point final à la vie d'un animal sélectionné parmi d'autres, soit pour permettre l'amélioration de la race (animal taré ou déficient), soit pour récolter le résultat d'une longue sélection en choisissant un sujet de qualité, mais vieillissant, que la nature de toute façon aurait éliminé et bien souvent de façon plus cruelle.

La conclusion (le coup de carabine) est un geste précis, rapide, unique (nul besoin de carabine à répétition, un coup DOIT suffire). L'éthique de la chasse est respectée.
L'homme ne s'est pas déshonoré, il a fait son métier de prédateur. Quand j'entends affirmer par certains " anti-chasse " ignorants que l'affût est cruel, facile, indigne du chasseur, (l'affût n'a pas à se justifier, il est nécessaire) je serais tenté de répondre qu'ils n'ont rien compris, si je ne savais malheureusement qu'en effet, certains " tireurs ", car ils ne méritent plus le nom de chasseur montent, le premier août (chez nous, jour de l'ouverture au brocard) sur un mirador que leur a construit une équipe de gardes, attendent, avec parfois un roman dans les mains pour tuer le temps, que se présente un brocard repéré par d'autres et tire sur n'importe quel chevreuil ayant le malheur de rentrer dans le champ de leur tir, à n'importe quelle distance, dans n'importe quelles conditions, appliquant la honteuse maxime " le chevreuil risque de toute façon plus que moi ". Devant de pareils loustics, je deviendrais vite aussi " anti-chasse " ou plutôt non, " anti-chasseur ". Ces gens donnent des arguments de poids aux " escrologistes " qui prolifèrent de plus en plus.

J'ose croire (je suis peut-être naïf) que la majorité des chasseurs ont compris le sens réel de la chasse et du pirsch en particulier.

Le " vrai pirscheur " ( celui que je voudrais voir au travers de tous mes amis et connaissances), si ses obligations professionnelles le lui permettent, est plongé dans la forêt quasi toute l'année, sans bruit et sans dérangements. Il connaît son gibier, il l'étudie, il l'aime (difficile à comprendre, mais c'est ainsi !).

En février ou mars, déjà, il a repéré les brocards conserver ou éventuellement à éliminer.
Il en connaît non seulement leurs habitudes, leurs itinéraires favoris, mais aussi leur caractère. Tel brocard est paisible, tel autre nerveux, tel autre irascible.
De ses mains s'il en a le loisir, il monte une échelle par-ci, élague une série d'arbres par-là. Il sait nettoyer les sentiers d'approche, pour glisser sans bruit et sans dérangement inutile le moment voulu.
Il ne craint pas de se retrousser les manches si nécessaires sachant que la récompense est au bout du labeur (il n'est évidemment pas interdit de se faire aider, le tout est de participer).
Il sait les innombrables sorties qui sont nécessaires pour faire la synthèse (ou du moins essayer de le faire !) d'une population de chevreuils ou de cervidés et pour tirer les conclusions propres à l'amélioration du cheptel. Il sait aussi en période d'ouverture ne pas lever son canon de carabine sur tel ou tel jeune animal prometteur, il sait choisir tel autre souvent médiocre et sans trophée valable, alors que connaissant un splendide brocard dans les parages, il lui laissera la vie et la liberté de transmettre ses qualités à sa descendance. Il ne doit pas se laisser aveugler par la " trophéïte " qui ira souvent à l'encontre du bon sens.
Il ne se laissera pas influencer. Inébranlable dans ses décisions, des paroles du genre " si je ne tire pas, le voisin s'en chargera " doivent le laisser indifférent même si la tentation qui nous assaille tous sans restriction est terrible par moments.
Seul son jugement de bon gestionnaire lui fera prendre, après des mois d'observation, les décisions capitales qui décideront de la vie ou de la mort de " ses " brocards ou de " ses " cerfs.

Telle, doit être la chasse à l'approche. Si tous les chasseurs aimaient et respectaient la nature et le monde animal, les mouvements anti-chasse malheureusement trop souvent démagogiques et anti-tout, n'auraient jamais pu naître et n'auraient aucune prise su la chasse.

Chez nos voisins Allemands, 69 % de la population dans un sondage récent estimait la chasse nécessaire, une bonne vingtaine de pour cent n'avaient aucun avis, et rares étaient les adversaires. Chez nous, où l'on apprend aux enfants dès l'école primaire, ou bien à faire grève, ou bien à être contre toutes les conventions établies par simple plaisir de tout remettre en question, au nom de belles théories gauchistes, il en serait bien malheureusement autrement.

Bref, à nous chasseurs de montrer de la discipline et de prouver au public que les chasseurs par leur bonne gestion de la faune font plus pour la sauvegarde du monde animal et de son environnement, que tous les mouvements écologistes réunis où la consigne est souvent de s'agiter avec fracas pour remuer le cœur sensible des badauds au lieu d'agir véritablement dans le sens du bien (il est heureusement de vrais écologistes qui, s'ils sont discrets n'en sont pas moins actifs et n'agissent vraiment que pour le bien de la nature sans être " engagés " dans des campagnes politiques et stériles).

Tout bon chasseur doit être un écologiste " vrai " au sens non galvaudé du terme.
Les quelques " viandeurs " et brebis galeuses de notre corporation risquent de remettre en question toute forme de chasse. À nous de les remettre sur le droit chemin.

Nous ne sommes pas chasseurs " pour tuer " nous devons juste rester le chaînon nécessaire et utile dans le grand cycle naturel pour améliorer et sauvegarder ce qui nous a été confié. L'homme est né prédateur, l'homme doit rester prédateur, mais il doit faire en sorte d'assumer son rôle de prédation avec efficacité et lucidité sans s'avilir par de bas instincts de destruction avant tout. C'est ici qu'il a son rôle écologique.

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