À 16 ans, Rodolphe Mouriau et Arthur Meeus se sont lancés dans la grande aventure de l’obtention du permis de chasse. Originaires de Belœil et de Thoricourt, les deux jeunes hommes le font surtout par tradition familiale : « Je chasse depuis que je suis petit, commence Rodolphe. Mais j’étais jusqu’à présent cantonné à un rôle de traqueur. Lorsque j’ai appris qu’on pouvait avoir son permis dès l’âge de 16 ans, j’ai tout de suite bondi sur l’occasion. »

Convivialité et contact avec la nature

« C’est surtout l’aspect convivial de l’activité qui me pousse à me lancer dans l’aventure, renchérit Arthur. Et puis, il y a ce contact avec la nature qui est inestimable. »

Près de 60 % du public qui fréquente les formations du Royal Saint-Hubert Club est dans le même cas que Rodolphe et Arthur. Ils chassent, parce que l’activité est ancrée dans les traditions de la famille : « 30 % sont des gens qui aiment la nature et qui ont découvert la chasse par hasard, explique Yves Leloux. Les 10 % restants sont des guides natures ».

Ces derniers n’ont bien souvent pas la moindre intention de se servir d’un fusil : « Ils suivent les cours que nous donnons aux chasseurs dans l’unique but d’apprendre de nouvelles choses. Car le chasseur est avant tout un ami et un connaisseur de la nature. »

Un outil de gestion

Pourtant, le chasseur parvient difficilement à se défaire d’une réputation négative : « C’est vrai qu’il y a une série de clichés qui tournent autour de ce loisir, reconnaît Yves Leloux. Il faut cependant bien préciser que le chasseur est aujourd’hui un outil de gestion. Il est celui qui viendra en aide aux ruraux pour préserver l’aviculture, l’agriculture et la sylviculture. Il a une tâche de régulation. C’est d’autant plus nécessaire que l’on a créé une zone de quiétude pour les lapins et les lièvres le long de la ligne de TGV. Ces animaux sont à l’abri, leur pullulation entraîne évidemment des dégradations. »

Dans le Tournaisis, le chasseur a aussi sa place dans l’aménagement du territoire : « Il a créé plus de deux kilomètres de haies à Maulde pour offrir un refuge aux perdrix et aux passereaux. On réalise aussi des mares pour le gibier d’eau. On a, enfin, un rôle de sensibilisation aux gens qui fréquentent la nature. Car la nature n’appartient à personne et elle ne fait que tolérer la présence de l’Homme ! »¦ D.Vdb.