Les sangliers c(r)iblés

LLB - Gilles Toussaint

Mis en ligne le 22/05/2012

Un élevage bovin touché par un type de brucellose issu de la faune sauvage. Une découverte qui relance le débat sur la prolifération des sangliers.

Un cinquième foyer de brucellose a été détecté en province de Namur a fait savoir vendredi soir l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca). Paradoxalement, cette découverte est "plutôt rassurante ", commente-t-on au sein de la Fédération wallonne de l’agriculture (FWA). "Tous les cas sont reliés au premier foyer identifié à Franc-Waret en mars. Cela montre que l’enquête épidémiologique fonctionne bien et qu’on a bloqué les exploitations qu’il fallait."

Ces mesures de précaution, qui ont pour but d’empêcher la propagation de la maladie, consistent notamment à maintenir les bêtes gestantes dans les étables. Elles ont évidemment un coût non négligeable, mais elles sont indispensables. Afin de continuer à bénéficier du statut "indemne" de cette maladie auprès des autorités européennes, la Belgique doit en effet démontrer qu’elle maîtrise la situation et que l’épidémie n’est pas hors de contrôle. La perte de ce statut aurait de lourdes conséquences économiques pour le secteur (blocage des exportations ).

Mais la découverte d’un sixième foyer atypique est venue semer le trouble. Les tests menés sur une vache malade détectée le 2 mai dans une exploitation de Corenne (dans l’entité de Florennes) ont en effet mis en évidence la présence d’une brucellose d’un autre type : la "brucella suis biovar 2" . Contrairement à la brucellose bovine "classique" ( "brucella abortus" ), le réservoir de cette bactérie se situe dans la faune sauvage et principalement chez le sanglier. La découverte de ce cas a entraîné l’abattage du troupeau, mais également, par mesure de prévention, celui des chiens et des chats de la ferme qui étaient porteurs de la bactérie.

"Il s’agit d’un cas de transmission tout à fait exceptionnel, on n’en recense jusqu’à présent qu’un seul dans la littérature scientifique", commente le porte-parole de l’Afsca, soulignant qu’en l’état des connaissances actuelles, la transmission de bovin à bovin paraît assez peu probable. Le risque de dissémination serait donc moindre que pour la brucellose classique et l’abattage du troupeau a été décidé afin de ne courir aucun risque. En outre, le biovar 2, s’il n’est pas tout à fait anodin, présenterait peu de risques pour la santé publique contrairement à d’autres biotypes de la maladie.

Interpellante, cette découverte n’est qu’à moitié surprenante. On savait que cette bactérie est présente de manière endémique parmi la population de sangliers. Nul ne l’ignore non plus, celle-ci a explosé ces dernières années et les scientifiques ont déjà averti à plusieurs reprises du risque de voir des maladies se propager depuis la faune sauvage vers les élevages.

Responsable du réseau de surveillance wallon basé à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Liège, Annick Linden s’apprête d’ailleurs à publier une étude sur le sujet. Menés pendant cinq ans sur plus de 1100 sangliers, les prélèvements ont mis en évidence que 12,5 % des sangliers étaient porteurs de "brucella suis" en Wallonie. Une situation semblable à ce qui est observé en France. " Je ne peux pas prédire ce qui va se passer, mais je pense que cela va rester sporadique. Pour faire simple, c’est une brucella porcine qui ne se plaît pas chez le bovin sur lequel elle à moins d’impact. Il faut bien sûr poursuivre les analyses, mais il ne faut pas exagérer l’ampleur du problème ", explique-t-elle. Si la maladie venait à se transmettre aux élevages de porcs, par contre, ce serait une "catastrophe" pour le secteur, même si seuls les élevages en plein air - assez peu nombreux dans notre pays - sont exposés.

Du côté de la FWA et au sein du monde agricole, la colère gronde : "On se retrouve clairement face à une maladie de la faune sauvage qui peut avoir des conséquences dramatiques pour le secteur porcin, mais aussi peut-être bovin. Cela témoigne de la nécessité de prendre des mesures drastiques pour réguler la population de sangliers."

Un message qui semble avoir été au moins partiellement entendu par le ministre wallon en charge de l’Agriculture et de la Chasse, Carlo Di Antonio (CDH). Afin de limiter le risque de dispersion de "brucella suis" parmi le bétail, celui-ci a en effet annoncé avoir pris un arrêté autorisant pendant un mois le tir des sangliers en plaine, de jour comme de nuit, sur les territoires de dix communes proches du foyer de Corenne. Des analyses seront effectuées sur les deux premiers animaux abattus dans chaque commune.

Plus largement, le ministre a reçu la semaine dernière le rapport du Conseil supérieur wallon de la chasse à qui il a demandé d’élaborer un plan de gestion des densités du grand gibier à l’échelle régionale. " Cela va bouger très prochainement", annonce la porte-parole de Carlo Di Antonio.

Selon nos informations, les propositions formulées prévoient notamment l’allongement des heures d’ouverture du tir au sanglier (deux heures avant le lever et deux heures après le coucher du soleil) ; d’autoriser l’exercice de la chasse dans les réserves naturelles ou encore d’habiliter les gardes-chasse assermentés à procéder à ces destructions. " Mais il ne prévoit aucun objectif chiffré à atteindre et, surtout, rien concernant le nourrissage du gibier qui est en bonne partie à l’origine de ces problèmes. Ces mesures ne sont pas mauvaises prises individuellement, mais on ne règle pas le problème de fond", commente une source proche du dossier, rappelant que le ministre s’est engagé à mettre un terme à cette pratique. Et d’ajouter qu’il s’agit d’une "tromperie inacceptable". "C’est un projet par les chasseurs pour les chasseurs", lâche un autre. Cosigné par la FWA, l’Union des Villes et Communes de Wallonie et Inter-Environnement Wallonie, un courrier vient d’ailleurs d’être envoyé à Carlo Di Antonio pour lui demander des mesures à la hauteur de la situation et une concertation élargie à l’ensemble des acteurs du monde rural.  

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