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Les espèces chassées
et comment

Les espèces chassées en Wallonie s'inscrivent dans un cadre précis qui définit les différents modes de chasse autorisés et les conditions dans lesquelles ils peuvent être pratiqués.

Statut des espèces

La faune sauvage en Wallonie

La Wallonie abrite 71 espèces de mammifères et 161 espèces d'oiseaux nicheuses indigènes. La toute grande majorité d'entre elles sont protégées par la loi.

Mammifères 71

espèces indigènes. 14 classées gibier, dont 8 chassables et 3 pouvant faire l'objet d'actes de destruction sous conditions.

Oiseaux nicheurs indigènes 161

espèces. 25 sur la liste gibier, dont 6 effectivement chassées + la perdrix grise sous plan de gestion.

Mammifères chassables (8)

  • Cerf
  • Chevreuil
  • Sanglier
  • Mouflon
  • Daim
  • Lièvre
  • Lapin
  • Renard

Destruction sous autorisation (3)

  • Fouine
  • Putois
  • Chat haret

Oiseaux chassables (6)

  • Faisan de Colchide
  • Bécasse des bois
  • Bernache du Canada
  • Foulque macroule
  • Canard colvert
  • Pigeon ramier
  • Perdrix grise (plan de gestion)

Espèces exotiques envahissantes

  • Rat musqué
  • Raton laveur
  • Ouette d'Égypte
À noter

Quelques espèces protégées (corneille noire, corbeau freux, cormoran…) peuvent faire l'objet d'actes de destruction sous conditions très strictes en raison des dommages qu'elles commettent.

Les EEE ne sont ni espèce gibier ni espèce protégée : lorsqu'il est en action de chasse, le chasseur est autorisé à les tuer s'il les rencontre.

Chasse à tir

Cinq modes principaux

Battue, chien courant, botte, affût, approche : cinq façons complémentaires de pratiquer selon le terrain, le gibier et le contexte.

01

La battue

Procédé pratiqué par plusieurs chasseurs attendant le gibier rabattu par plusieurs personnes s'aidant ou non de chiens. Deux variantes :

Battue à cor et à cri — chasseurs postés en ligne au sol ou sur miradors. Rabatteurs en ligne, avec chiens, en faisant du bruit.

Traque affût — chasseurs dispersés à l'intérieur de l'enceinte sur miradors à tir 360°. Rabatteurs silencieux en petits groupes, le plus souvent sans chiens.

02

Chasse au chien courant

Un ou plusieurs chasseurs se déplacent, guidés par les abois des chiens qui ont levé le gibier, pour se poster sur la voie que l'animal finira par emprunter.

03

La botte

Chasse à tir devant soi, seul ou en ligne, éventuellement avec chiens ou rabatteurs, pour faire lever le petit gibier et se l'approprier.

04

L'affût

Un chasseur opérant seul, sans rabatteur ni chien, attend d'un poste fixe (sol ou mirador) l'arrivée du gibier.

05

L'approche

Un chasseur se déplace pour réaliser seul, sans rabatteur ni chien, la recherche, la poursuite et l'appropriation éventuelle du gibier.

Autres modes

Au-delà de la chasse à tir

Voici différents autres modes de chasse.

Chasse à tir

Chasse à l'arc

Considérée comme chasse à tir, autorisée en Wallonie. Parce qu'ils chassent dans des conditions particulières, les archers ne peuvent pas être postés en battue dans la ligne de tir.

Chasse à vol

Fauconnerie

Capture du gibier au moyen d'un oiseau de proie dressé. Inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO depuis 2010.

Petit gibier

Bourses et furets

Technique réservée au lapin : un furet introduit dans un terrier déloge les lapins, capturés à la sortie dans des bourses (filets) qui les piègent sans les blesser.

Interdit en Wallonie

Chasse à courre

N'est plus pratiquée en Wallonie. Interdite par la loi sur la chasse depuis le 1er juillet 2000.

Le piégeage

Une destruction encadrée, pas une chasse

Le piégeage n'est pas à proprement parler un mode de chasse. Il est réservé à la destruction de certaines espèces gibiers principalement (renard, chat haret, fouine, putois, bernache et sanglier), de certaines espèces protégées (notamment corneille noire et pie bavarde) et d'espèces exotiques envahissantes.

Le piégeage doit être justifié par des motifs précis et ne peut être mis en œuvre que s'il n'existe pas d'autre solution satisfaisante :

  • Prévention des dommages importants aux cultures et aux petits élevages ;
  • Protection de la faune ;
  • Risque pour la santé ou la sécurité publique.

Suivant l'espèce visée, le piégeage peut se faire sous conditions strictes à l'aide de boîtes, collets à arrêtoir, pièges à lacet de patte, filets, trappes, enclos de capture ou nasses.

Selon les moyens mis en œuvre, il ne peut être pratiqué que par certaines catégories de personnes (titulaires de permis de chasse, gardes champêtres particuliers).

Toujours interdits

L'utilisation des pièges à mâchoires et du poison est strictement interdite. Le piégeage requiert une autorisation de l'administration qui en fixe les conditions.

Position du RSHCB

Chaque mode répond à des situations différentes

C'est pour cela que le RSHCB les défend tous. Ils doivent nécessairement être évalués sous plusieurs angles :

Éthique
Efficacité
Dérangement

La battue à cor et à cri est particulièrement adaptée aux territoires boisés et aux biotopes très fermés. Grâce à l'action des traqueurs et des chiens, elle permet de débusquer et de mettre en mouvement des animaux qui resteraient autrement difficiles à localiser ou à prélever, en particulier le sanglier.

Elle offre une grande efficacité lorsque des prélèvements importants sont nécessaires. En concentrant ceux-ci sur un nombre limité de journées, elle permet aussi de réduire le nombre d'actions de chasse et de limiter le dérangement dans le temps.

Le tir d'animaux en mouvement demande toutefois une bonne maîtrise et une grande rigueur dans le choix des tirs. L'organisation d'une battue peut également nécessiter, pour des raisons de sécurité, la fermeture temporaire de certains chemins.

Plan de tir

Le cerf sous quotas

Un plan de tir fixe, pour un territoire donné, le nombre d'animaux qui doivent ou peuvent être prélevés pendant la saison de chasse. Ces animaux peuvent être répartis par catégorie, notamment selon leur âge et leur sexe.

En Wallonie, seule la chasse au cerf est actuellement soumise à un plan de tir prévu par la législation sur la chasse. Celui-ci est attribué pour une saison cynégétique.

Concrètement, l'administration détermine les prélèvements à réaliser afin d'adapter les populations aux objectifs de gestion. Le plan peut comporter des minimums à atteindre et des maximums à ne pas dépasser selon les catégories d'animaux.

L'enjeu

Aujourd'hui, l'un des principaux enjeux est de parvenir à réaliser les minima imposés. Ceux-ci peuvent être importants lorsque les populations sont jugées trop élevées et que leur réduction est nécessaire pour maintenir un équilibre avec le milieu.

Le titulaire du droit de chasse ne peut pas simplement choisir le nombre de cerfs qu'il souhaite prélever : il doit respecter le plan qui lui a été attribué. La non-réalisation des minima peut entraîner des sanctions administratives et, selon les cas, pénales.

Des quotas peuvent également être imposés pour le chevreuil, le sanglier ou le mouflon dans certains cahiers des charges de location d'un droit de chasse. Il ne s'agit toutefois pas d'un plan de tir légal, mais d'une obligation contractuelle liée à la location du territoire.

Plan de gestion

La perdrix grise, un cas unique

La notion de plan de gestion est apparue très récemment dans la législation wallonne sur la chasse. Elle concerne aujourd'hui la perdrix grise, dont la situation est préoccupante — l'espèce est classée « en danger » sur la liste rouge des oiseaux nicheurs de Wallonie.

La directive européenne sur la conservation des oiseaux sauvages autorise la chasse de certaines espèces, dont la perdrix grise, à condition que les prélèvements ne compromettent pas leur conservation.

Dans ce contexte, la chasse peut aussi devenir un outil de conservation. Le maintien d'une possibilité de prélèvement encourage les gestionnaires à restaurer des habitats favorables, à suivre les populations et à agir sur les causes de leur déclin. C'est la logique du plan de gestion : lier la possibilité de chasser à des engagements concrets en faveur de l'espèce et de son habitat.

C'est le choix fait par le Gouvernement wallon depuis 2021 pour la perdrix. Le plan de gestion est plus large que le plan de tir — il doit non seulement garantir des prélèvements raisonnés mais aussi :

  • Un suivi étroit de l'évolution des populations.
  • Des mesures favorisant l'habitat de la perdrix.
  • Des efforts au niveau de la régulation des prédateurs.
  • En cas de lâchers de repeuplement, des précautions sanitaires et génétiques.
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